Colloque international sur les TIC en éducation
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La thématique du colloque

Axe 1

Développement de compétences: usages, impacts et évaluation des TIC. Ce premier axe porte sur les usages des TIC et leurs impacts sur l’enseignement, l’apprentissage et le développement de compétences.

Axe 2

Technologies émergentes: potentiels et enjeux actuels et futurs pour l’éducation. Par rapport à l’Axe 1, l’Axe 2 a une portée plus prospective dans la mesure où il aborde les innovations technologiques actuelles (ex.: Web 2.0, apprentissage mobile, réseaux sociaux), leur potentiel et leurs implications pour l’évolution et le renouvèlement des modalités pédagogiques.

Axe 3

TIC pour la formation et la profession enseignante. L’Axe 1 et l’Axe 2 ciblent les situations d’enseignement-apprentissage faisant intervenir les TIC. L’Axe 3, en revanche, est consacré à l’apport et à l’impact des TIC pour le développement professionnel et la condition enseignante.

Axe 4

TIC et méthodologie de recherche en éducation. Cet axe de recherche est de nature transversale dans la mesure où il concerne tous les chercheurs, quelles que soient leurs expertises particulières.

Axe 5

Tic, culture et société en éducation. Cet axe consiste à décrire les rapports (accès, usages, compétences et représentations) des apprenants et des enseignants aux TIC en contexte éducatif, de même que les dimensions sociales et culturelles influençant ces rapports.

Axe 6

Tic, formation à distance et mobile learning. Cet axe a pour objectif de décrire l`impact de l`articulation présence-distance (mobile learning, formation à distance, formation hybride) sur l`apprentissage, les modalités d`encadrement et les trajectoires des apprenants.

C omme l’indiquait Kofi Annan lors du Sommet mondial sur la société de l’information, nous vivons à une époque de mutations rapides où les technologies de l’information et de la communication (TIC) jouent un rôle de plus en plus central dans tous les domaines de la vie des individus. Elles ont également une influence croissante sur l’évolution de l’ensemble des sociétés et affectent de façon significative les dimensions économiques, sociales et éducatives (Redecker, 2010). Depuis quelques années, ces métamorphoses se sont davantage accélérées avec l’arrivée du Web 2.0 où les interfaces permettent aux internautes d’interagir tant avec le contenu des pages qu’entre eux. Au niveau social, le taux de pénétration d’Internet dans les foyers nord-américains était de 77,4 % en juin 2010. À l’échelle de la planète, 247 millions de courriels sont envoyés chaque jour, pour un total de 90 trillions pour l’année 2009.

Parallèlement, on apprend que la fracture numérique par revenu socio-économique et par niveau d’étude a diminué entre 2007 et 2009 au Canada et ailleurs dans le monde, ce qui tend à faire penser que l’usage d’Internet se démocratise. De par leur omniprésence, les technologies provoquent et répondent simultanément à des transformations sociales profondes qui changent également les modes de vie des générations actuelles. Plusieurs expressions, telles que « les natifs du digital » (McLester, 2007), « les apprenants du nouveau millénaire » (OECD, 2008) ou encore « les apprenants néomillinaires » (Baird et Fisher, 2006; Dede, 2005) sont d’ailleurs utilisées pour marquer la scission générationnelle qu’ont entraînée les avancées technologiques ainsi que le rapport étroit qu’entretiennent désormais les jeunes face à la technologie.

Sur le plan éducatif, ces changements se manifestent par l’apparition de nouvelles caractéristiques chez les apprenants. La revue de littérature de Redecker (2010) recense ainsi neuf modalités d’apprentissage (learning patterns) qui semblent caractériser les générations actuelles d’apprenants : l’usage constant des technologies; le multi-tâche; l’individualisation et la personnalisation; la connectivité accrue (être joignable tout le temps et n’importe où); l’instantanéité; l’utilisation de différents types de média; un engagement et une attitude propice au travail; la sociabilité; et enfin, des habiletés nouvelles dues à des nouveaux besoins (ex. : compétences informationnelles pour faire face à l’augmentation exponentielle d’informations).

La réussite scolaire, qui se mesurait principalement jusqu’ici en termes cognitifs, semble de plus en plus déterminée par les habiletés techno-cognitives des jeunes, soit leur compétence à maîtriser les technologies qui les entourent et à les mettre au service de leurs apprentissages plutôt que de les subir ou d’y réagir. En effet, il y a tout lieu de croire que l’usage des technologies pour apprendre représente actuellement une compétence transversale clé pour permettre aux jeunes de mieux réussir à l’école, et plus largement dans la société du savoir dans laquelle nous vivons. Le fait de savoir s’autoformer, s’informer et communiquer par différents outils technologiques forme ainsi une condition déterminante pour pouvoir s’adapter à une société en mutation constante et devenir des acteurs socio-professionnels à part entière (OCDE, 2008). Certains gouvernements l’ont bien compris, tels que celui des États-Unis, qui propose ainsi « A 21st Century Model of Learning Powered by Technology » (Atkins et al., 2010). Les technologies forment donc un impératif éducatif croissant et changent les façons de faire des apprenants, sans pour autant que les systèmes éducatifs en prennent la mesure, comme nous pouvons le voir maintenant.

Malgré l’importance que revêtent les TIC sur le plan socio-professionnel et éducatif, on note au Québec, dans le reste du Canada et partout en Amérique ou en Europe, que l’usage pédagogique des TIC en contexte scolaire demeure toujours un immense défi. À ce titre, l’enjeu actuel des recherches empiriques sur les TIC en éducation consiste en grande partie à savoir comment rendre effectif et efficace le potentiel pédagogique présumé des TIC. Aussi, nous sommes enclins à croire que ce domaine de recherche se situe en grande partie à un stade exploratoire qui se doit, de par l’importance socio-professionnelle et éducative que les TIC revêtent, d’être approfondi rapidement. Pour ce faire, il s’agit en premier lieu de se doter d’une programmation de recherche solide et partagée qui permette d’organiser la recherche du domaine de manière cohérente et complémentaire. Il nous semble qu’il s’agit là d’un manque qui, une fois comblé, permettrait à la fois de structurer et de dynamiser la production scientifique sur les TIC en éducation.

Les organisateurs du 2e Colloque international sur les technologies en éducation : bilan, enjeux actuels et perspectives futures souhaitent apporter un éclairage scientifique, professionnel et associatif à la question des TIC en éducation qu’ils jugent fondamentale pour l’avenir de nos sociétés. Dans le cadre de ce colloque, nous souhaitons amener les chercheurs de divers horizons à présenter les résultats de leurs travaux de recherche sur les apports des TIC, des technologies émergentes et du Web 2.0 en éducation. Les communications scientifiques présentées seront organisées selon six axes à la fois complémentaires et distincts.